LE RIS DE VEAU AUX MORILLES

Tout le monde aime le filet de veau.

Enfin, si l’on excepte quelques végétaliens de nos amis, qui préfèreront une jolie salade de tempeh, pendant le tournage duquel aucun animal n’a été blessé. Le filet de veau en question, lui, a forcément été blessé à un moment du tournage, et la moindre serait de rendre hommage aux autres parties comestibles de son anatomie plutôt que de les transformer en chipolata, voire en farine apéritive pour ses malheureux congénères – qui préfèrent pourtant la paille fraîche si on leur demande leur avis.

Nos aïeux avaient en effet coutume de manger de l’animal avec plus de pondération, mais du bec au croupion, pas seulement l’entrecôte quand elle est en réclame à la supérette. Hélas, les tripes, le foie, la cervelle, l’andouillette ou les rognons tombent vertigineusement dans la désuétude – la faute aux béotiens biberonnés au steak haché et à la merguez sous vide, qui veulent bien être carnivores mais seulement si le goût de la saumure domine celui de la bête.

Autrement dit, entre deux soupes aux légumes, mangeons du ris !